[Civilisation] Panorama des gouvernements en Espagne depuis 1990

par | 16 Jan 2024 | Cours, Espagnol

espagne;politique;civilisation

Revenons dans cet article sur un bref panorama des différents gouvernements en Espagne des années 1990 à nos jours. Un gros morceau dans la civilisation espagnole ! Nous terminerons par un point vocabulaire pour vous aider à appréhender le vocabulaire thématique important du thème. Ceci-étant il s’agit d’un point particulièrement important dans l’optique des concours ECG/ECT qui vous permettra d’expliquer certaines tendances/dynamiques lors de vos essais si le sujet s’y prête !

Le gouvernement Aznar (1996-2004)

Eau et sécheresse

Aznar envisageait le Plan hydrologique national avec le transfert de l’eau de l’Ebre vers les régions les plus sèches. Le plan sera abandonné par le président suivant, José Luis Rodríguez Zapatero.

Immigration et relations internationales

Il lutte contre l’immigration clandestine avec la loi sur les étrangers (2001). À l’étranger, il envoie des troupes en Afghanistan et en Irak. Les relations entre l’Espagne et le Maroc se sont détériorées lorsque le Maroc a tenté en vain de récupérer l’île de Perejil. Le 11 mars 2004 (11-M), le mouvement islamiste Al-Qaïda attaque la gare d’Atocha à Madrid, faisant 192 morts et 1 824 blessés. Le gouvernement Aznar a attribué la responsabilité des attentats à l’ETA. Pour des raisons électorales, il avait tardé à reconnaître celle d’Al-Qaïda, perpétrée pour punir la présence de l’Espagne en Irak. Aznar a été accusé de mensonge pour ne pas avoir reconnu que les attentats avaient été perpétrés par Al-Qaïda.

« El zapaterismo » (2004-2011)

Contexte électoral et grandes orientations politiques

José Luis Rodríguez Zapatero, membre du parti socialiste espagnol (PSOE), remporte la victoire. Lors des élections qui suivent, le gouvernement de Zapatero (2004-2011) prend plusieurs décisions significatives. Il retire les troupes espagnoles d’Irak en 2004 et introduit des lois sur l’égalité des sexes, la violence de genre, le mariage homosexuel, le divorce rapide, l’accès libre à l’avortement (y compris pour les jeunes filles de moins de 16 ans), la dépendance, l’autofinancement de l’église, la suspension de l’enseignement religieux obligatoire remplacé par l’éducation à la citoyenneté.

Politiques intérieures et extérieures

Une loi sur la mémoire historique entraîne l’élimination des symboles franquistes et la réhabilitation des républicains. Un musée de la guerre civile est envisagé, et des pensions sont accordées aux enfants de la guerre envoyés en Union soviétique en 1936. Les régions autonomes gagnent plus de pouvoirs, et le statut d’autonomie de la Catalogne est prolongé. En 2005, Zapatero légalise 700 000 immigrants via la Ley de empadronamiento. Il entame un processus de paix avec l’ETA, aboutissant à la fin de la violence armée en 2011. À l’international, il promeut l’Alliance des civilisations, renforce les liens avec l’Amérique latine, et maintient les troupes espagnoles au Liban et en Afghanistan. Il s’efforce de résoudre le conflit au Sahara occidental.

Après la mort de Franco, le roi du Maroc Hassan II souhaite récupérer cette région sous souveraineté espagnole depuis 1884, menant à la Marche verte en 1975. L’Espagne abandonne le Sahara occidental au Maroc, entraînant la fuite de nombreux Sahraouis vers l’Algérie. Le Front Polisario proclame l’indépendance et lutte contre le Maroc, avec un conflit persistant malgré les tentatives de résolution de l’ONU. L’Espagne cherche à maintenir des relations positives avec le Maroc et l’Algérie.

L’espagnol face à la crise

À partir de 2008, le gouvernement Zapatero fait face à une crise : augmentation de la dette, déficits commerciaux croissants, perte de compétitivité, réduction des aides européennes et des investissements étrangers, tissu industriel composé de trop nombreuses petites entreprises, inflation en hausse, et effondrement du secteur de la construction en raison d’une bulle immobilière. Les prix triplent, et les caisses d’épargne doivent prêter de l’argent aux acheteurs et aux banques.

La situation du pays a été affectée par le mouvement du 15-M, les indignés et la perte de prestige de la couronne, liée au succès des politiques nationalistes au Pays basque et en Catalogne, ainsi qu’à l’affaire Urdangarin.

Au Pays basque et en Catalogne, ainsi que dans l’affaire Urdangarin, le Premier ministre Zapatero a réagi à la crise économique en injectant des millions d’euros dans l’économie espagnole entre 2008 et 2009. Cela a amélioré le financement des entreprises privées et des finances publiques. Il a également mis en place une réforme du travail, mais a pris des mesures impopulaires comme des hausses d’impôts, des réductions des dépenses publiques et un plan d’austérité sévère. Son électorat lui a reproché d’avoir pris conscience tardivement de la gravité de la crise.

La fin du « miracle espagnol »

Les élections législatives de 2011 ont marqué une victoire écrasante du Parti populaire (PP) dans la plupart des conseils locaux, à l’exception du Pays basque et de la Catalogne. Cela a marqué la fin du « miracle espagnol », caractérisé par une croissance économique supérieure à la moyenne européenne pendant 15 ans. Zapatero a dû avancer les élections au 20 novembre 2011.

Le Gouvernement de Mariano Rajoy (2011-2018)

Le tournant de la rigueur

Le gouvernement de Mariano Rajoy (2011-2018) a pris des mesures draconiennes, notamment des lois sur le travail et la réforme financière, ainsi qu’un plan d’austérité sévère comprenant des hausses de la TVA, la suspension du sursalaire pour les fonctionnaires, la réduction des allocations chômage, le gel des pensions, la réduction des salaires, et des coupes dans les dépenses de santé, les dépenses publiques et l’éducation. Le secteur financier a été renfloué en 2012 avec une aide de 100 milliards d’euros de l’Europe.

En mai 2013, le gouvernement de Rajoy a approuvé la loi organique pour l’amélioration de la qualité de l’éducation (LOMCE), réintroduisant la matière de religion dans la moyenne générale et l’obtention de bourses. En 2016, une version révisée de la LOMCE a rendu la matière Religion facultative.

Politique intérieure et extérieure

Dès 2012, un projet de loi sur l’avortement limitait cette pratique aux cas de grave danger pour la santé physique et psychologique de la femme, ou en cas de viol. Arturo Más, président de la Catalogne, a plaidé en faveur de l’indépendance, conduisant à des événements tels qu’une marche indépendantiste en septembre 2013 et un référendum déclaré inconstitutionnel en octobre 2017. En réaction, le gouvernement de Rajoy a mis la Catalogne sous tutelle en activant l’article 155 de la Constitution.

Il prend la décision de prendre le contrôle des Mossos de Escuadra et annonce des élections pour décembre. Le président de la Generalitat, Carles Puigdemont, se réfugie en Belgique avec quatre conseillers, sept anciens conseillers, tandis que le vice-président Oriol Junqueras et sept autres anciens conseillers sont laissés sans condition. Joaquim Torra, partisan de l’indépendance, devient président de la Generalitat en mai 2018. En 2019, la Cour suprême condamne neuf leaders indépendantistes à des peines de prison allant de 9 à 13 ans. Un mandat d’arrêt européen est émis contre Carles Puigdemont par la justice espagnole.

La fin du gouvernement Rajoy

Le système bipartite prend fin avec les élections de 2015, marquées par l’émergence de deux nouveaux partis, Podemos et Ciudadanos. Les quatre partis ne parviennent pas à former un gouvernement. En 2016, de nouvelles élections convoquées par le roi donnent des résultats similaires. L’abstention du PSOE permet finalement à Rajoy de retrouver la présidence. Après avoir déclenché une motion de censure contre Rajoy, Pedro Sánchez du PSOE devient président du gouvernement en 2018. Il remporte les élections, qu’il est contraint d’avancer à 2019.

De nos jours…

Aujourd’hui, des chantiers restent inachevés : Réduire l’endettement, canaliser la crise catalane, améliorer la corruption, s’attaquer au terrorisme djihadiste (un attentat à Barcelone et Cambrils a fait 16 morts en août 2017), mieux contrôler les flux migratoires, réduire la précarité, le chômage (aujourd’hui il est passé de 27% à 14, 6%), les inégalités, la sécheresse, les questions écologiques (à Madrid, des mesures drastiques ont été prises contre la pollution), en s’engageant en faveur des énergies propres avec des investissements massifs dans l’éolien, le solaire et l’hydroélectrique, en réduisant les émissions de 37% d’ici 2030.

Vocabulaire thématique sur ce thème

  • Retos de gran calado : défis de grande ampleur
  • El calado le tirant d’eau, la profondeur el trasvase le transvasement
  • La sequía : la sécheresse
  • La comarca : la région
  • Enfrentamientos raciales : des affrontement raciaux
  • La ley de extranjería : la loi sur les étrangers
  • Deteriorarse (el deterioro) : se dégrader
  • Atribuir la autoría del atentado : attribuer la responsabilité de l’attentat
  • La mentira : le mensonge
  • Castigar (el castigo) : punir
  • La represalia : la représailles
  • Convocar elecciones : organiser des élections
  • La igualdad de género : l’égalité des sexes
  • El matrimonio homosexual : le mariage homosexuel
  • Le financement : la financiación (financiar)
  • Le caractère obligatoire : la obligatoriedad
  • La matière : la asignatura
  • La citoyenneté : la ciudadanía (el ciudadano)
  • Accorder des pensions : otorgar pensiones
  • La burbuja inmobiliaria : la bulle de l’immobilier
  • Triplicar : tripler
  • El destino : la destination
  • Los indignados : les indignés
  • La subida de impuestos : l’augmentation des impôts
  • Un recorte : une coupe
  • El gasto público : les dépenses publiques
  • El plan de ajuste : le plan d’austérité
  • Un logro (lograr) : une réalisation
  • Adelantar las elecciones : avancer les élections
  • La congelación de las pensiones : le gel des retraites
  • El rescate : le rachat
  • La precariedad : la précarité
  • El bipartidismo : le bipartisme

L’espagnol avec Mission Prépa

Mission Prépa accompagne depuis plus de 4 ans des centaines d’étudiants chaque année – dans l’ensemble des matières – en proposant des cours et des supports rédigés pour performer. En ce qui concerne l’Espagnol, le dossier propose une synthèse de toutes les bases grammaticales (conjugaison, concordance des temps, tournures de phrase, gallicismes…), une civilisation précise/chiffrée ainsi que du vocabulaire spécifique pour faire la différence.

Notre programme « Sujets probables » vous permet de vous améliorer chaque semaine en vous confrontant chaque semaine à un essai/sujet complet d’Espagnol que nous considérons comme probable pour les concours 2024. Si vous êtes intéressé, vous pouvez nous contacter par mail à contact@mission-prepa.com ou sur Instagram @missionprepa et consulter les différents témoignages de nos étudiants.

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